Séance 7 : Ulysse et les sirènes

support : P. 177-178

question 1, 2, 4, 7

Circé révèle à Ulysse les épreuves qui l’attendent encore avec ses compagnons et lui donne des conseils pour les surmonter. Ils doivent, entre autres, éviter les Sirènes qui attirent par leurs chants les marins sur des rochers où ils font naufrage. Circé envoie ensuite un vent favorable qui pousse leur navire vers le large.

Les Sirènes

Alors, le cœur affligé, je m’adressai à mes compagnons :

« Mes amis, il ne faut pas qu’un seul homme, ou même deux, ait connaissance des prédictions de Circé la toute divine ; je vais vous les dire, pour que, en connaissance de cause, ou bien nous mourions, ou bien, évitant le danger, nous échappions aux coups de la mort. D’abord, elle nous recommande de fuir le son de la voix des divines Sirènes et leur prairie fleurie : à moi seul elle a recommandé d’écouter leur voix ; mais attachez-moi avec des liens solides, pour que je reste sur place immobile, bien droit contre le mât, et que le bout des liens y soit fixé. Et si je vous supplie et vous ordonne de me délier, alors, au contraire, resserrez encore plus les liens. »

Pendant que je révélais chacune des prédictions à mes compagnons, le navire bien construit approchait rapidement de l’île des deux Sirènes, car un vent favorable nous poussait. Mais soudain le vent cessa, et ce fut le calme plat : une divinité avait endormi les vagues. Alors, mes compagnons se levèrent, plièrent les voiles et les déposèrent dans le navire creux ; ils s’assirent aux rames et firent blanchir l’eau avec le sapin poli1. Quant à moi, à l’aide du bronze tranchant de mon épée, je découpai un grand bloc de cire rond en petits morceaux que je pressai dans mes fortes mains,

La cire s’amollit sous l’effet de ma grande vigueur et des rayons du

Soleil, seigneur fils d’Hypérion2. Je bouchai les oreilles de tous mes compagnons l’un après l’autre avec la cire. Eux, dans le navire, m’attachèrent

à la fois les pieds et les mains, bien droit contre le mât, et le bout des liens y était fixé. Puis ils s’assirent et frappèrent de leurs rames la mer qui blanchissait.

Dès que le navire fut à la portée d’une voix, ils augmentèrent leur vitesse. Mais les sirènes, apercevant le navire rapide qui filait tout près d’elles, entonnèrent un chant mélodieux.

« Viens ici, Ulysse tant célébré, grande gloire des Achéens. Arrête ton navire, pour écouter nos deux voix. Aucun homme jamais n’a dépassé notre île sur son navire noir avant d’écouter la voix douce comme le miel qui sort de notre bouche ; au contraire, c’est rempli de plaisir qu’il repart, avec davantage de connaissances. Nous savons, en effet, tout ce que les Achéens et les Troyens ont subi devant la grande Troie par la volonté des dieux, et nous savons aussi tout ce qui arrive sur la terre nourricière. »

Ainsi parlaient-elles en laissant sortir leur magnifique voix. Mon cœur voulait les écouter et, en remuant les sourcils, j’ordonnai à mes compagnons de me détacher ; mais eux, courbés sur les rames, continuaient à avancer. Et aussitôt Périmède et Euryloque3 se levèrent et resserrèrent encore plus les liens.

Nous dépassâmes les Sirènes. Nous n’entendions plus leur voix et leur chant ; alors mes fidèles compagnons retirèrent la cire dont j’avais bouché leurs oreilles et me détachèrent de mes liens.

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