Séance 12 -Le dangereux chant des Sirènes.

John William Waterhouse, Ulysse et les Sirènes, 1891, Melbourne, National Gallery of Victoria

Après avoir regardé le diaporama, lisons le texte (comme d’habitude, vous pouvez cliquer sur audio et suivre en même temps que je lis) ! Ensuite, vous irez voir l’activité en bas de page. Bonne lecture !

On s’embarque à la hâte, je fais part à mes gens des soucis de mon cœur :

– « Amis, je ne veux pas qu’un ou deux seulement connaissent les arrêts que m’a transmis Circé, cette toute divine. Non!… Je veux tout vous dire, pour que, bien avertis, nous allions à la mort ou tâchions d’éviter la Parque et le trépas. Donc, son premier conseil est de fuir les Sirènes, leur voix ensorcelante et leur prairie en fleurs ; seul, je puis les entendre ; mais il faut que, chargé de robustes liens, je demeure immobile, debout sur l’emplanture, serré contre le mât, et si je vous priais, si je vous commandais de desserrer les nœuds, donnez un tour de plus ! »

Je dis et j’achevais de prévenir mes gens, tandis qu’en pleine course, le solide navire que poussait le bon vent s’approchait des Sirènes.

Soudain, la brise tombe ; un calme sans haleine s’établit sur les flots qu’un dieu vient endormir. Mes gens se sont levés ; dans le creux du navire, ils amènent la voile et, s’asseyant aux rames, ils font blanchir le flot sous la pale en sapin.

Alors, de mon poignard en bronze, je divise un grand gâteau de cire ; à pleines mains, j’écrase et pétris les morceaux. La cire est bientôt molle entre mes doigts puissants. De banc en banc, je vais leur boucher les oreilles ; dans le navire alors, ils me lient bras et jambes et me fixent au mât, debout sur l’emplanture, puis chacun en sa place, la rame bat le flot qui blanchit sous les coups.

Nous passons en vitesse. Mais les Sirènes voient ce rapide navire qui bondit tout près d’elles. Soudain, leurs fraîches voix entonnent un cantique :

 » Viens ici ! Viens à nous ! Ulysse tant vanté ! L’honneur de l’Achaïe !… Arrête ton croiseur : viens écouter nos voix ! Jamais un noir vaisseau n’a doublé notre cap, sans ouïr les doux airs qui sortent de nos lèvres ; puis on s’en va content et plus riche en savoir, car nous savons les maux, tous les maux que les dieux, dans les champs de Troade, ont infligés aux gens et d’Argos et de Troie, et nous savons aussi tout ce que voit passer la terre nourricière. »

Elles chantaient ainsi et leurs voix admirables me remplissaient le cœur du désir d’écouter. Je fronçais les sourcils pour donner à mes gens l’ordre de me défaire. Mais, tandis que, courbés sur la rame, ils tiraient, Euryloque venait, aidé de Périmède, resserrer mes liens et mettre un tour de plus.

Nous passons et, bientôt, l’on n’entend plus les cris ni les chants des Sirènes. Mes braves gens alors se hâtent d’enlever la cire que j’avais pétrie dans leurs oreilles, puis de me détacher.

Observe attentivement ces images.

Laquelle a été réalisée par un artiste qui avait mal lu l’Odyssée ? A quoi vois-tu cela ?

Sur l’image C les Sirènes ont des queues de poisson, comme c’est le cas à partir du Moyen-Age (on le retrouve dans la Petite sirène d’Andersen), alors que dans l’Antiquité ce sont des oiseaux.

Choisis une des deux autres et explique ce qui s’y passe en quelques lignes. Tu dois dire qui sont les personnages, ce qu’ils font et pourquoi.

Comme Ciré a prévenu Ulysse que les Sirènes attirent les marins dans l’eau pour les dévorer, et comme il veut être (toujours modestement) le seul mortel à avoir entendu leur chant, il se fait attacher au mât du bateau pour être sûr de ne pas pouvoir sauter et bouche les oreilles des marins avec l’ancêtre des boules Quies (qui veut d’ailleurs dire sommeil en latin) : de la cire d’abeille. Les sirènes viennent chanter, mais les marins ne les entendent pas, seul Ulysse les écoute.

A. Ulysse et les Sirènes, stamnos attique à figures rouges, peintre des sirènes, provenance : Vulci. Vers 500-470 av. J.-C., Londres, British Museum
B. Ulysse et les Sirènes (mosaïque trouvée à Dougga). IIe siècle après J.-C., Tunis, Musée du Bardo
C. Herbert Draper, Ulysse et les sirènes, 1909

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