Séance 11 : Ulysse et Pénélope… les retrouvailles

Support : manuel p. 184

Q1, 2, 4

Les retrouvailles

Ulysse retrouve donc Pénélope. Mais celle-ci hésite à le reconnaître. En effet, Athéna a rendu à Ulysse l’apparence qu’il avait au moment de son départ pour Troie, vingt ans auparavant. Pénélope demande alors à la nourrice de dresser leur lit hors de la chambre.

Ulysse, indigné, s’adressa à sa femme aux pensées prudentes :

« Femme ! […] Qui donc a déplacé mon lit ? Même pour un homme tout à fait habile, il aurait été très difficile de le faire. […] Ce lit, c’est moi qui l’ai fabriqué, et personne d’autre. Un buisson d’olivier au long feuillage poussait dans l’enceinte, vigoureux, plein de force ; il était épais comme un pilier. Eh bien moi, j’ai disposé autour de l’olivier des pierres bien emboîtées pour construire la chambre à la perfection ; puis je l’ai bien recouverte avec un toit ; j’ai ajouté des portes soudées, ajustées et bien emboîtées. Alors, j’ai coupé les branches de l’olivier au long feuillage, j’ai taillé le tronc à partir de la racine […]. Je suis parti de ce pied pour fabriquer le lit à la perfection, l’ornant d’or, d’argent et d’ivoire. […] Voilà le signe secret que je révèle pour toi. Mais je ne sais pas, femme, si mon lit est encore fixé à sa place, ou si un autre homme l’a déjà déplacé, après avoir coupé par en-dessous le tronc de l’olivier. »

Ainsi parla-t-il. Alors le cher cœur et les genoux de Pénélope se brisèrent en reconnaissant les signes que lui révélait Ulysse avec exactitude. Elle se mit à pleurer et courut vers Ulysse, jeta ses bras autour de son cou, couvrit sa tête de baisers […].

Ulysse pleurait en serrant dans ses bras la femme de son cœur, aux pensées si prudentes. Quand la terre apparaît, elle fait la joie des naufragés dont Poséidon a détruit en mer le navire bien construit, battu par le vent et par les vagues énormes. […] Comme la terre pour ces naufragés, la vue de son mari faisait la joie de Pénélope qui ne pouvait détacher ses bras blancs de son cou. 

Aurore aux doigts de rose serait apparue au milieu de leurs sanglots, si la déesse Athéna aux yeux clairs n’avait eu une autre idée. Elle retint la nuit au bord extrême du ciel pour l’allonger et elle arrêta dans l’océan Aurore au trône d’or, en l’empêchant d’atteler ses chevaux rapides qui portent la lumière aux hommes […].

Item_239811.png Homère, L’Odyssée, chant XXIII, trad. Sylvie Perceau © Nathan, 2006.

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