Séance 15 -Je suis ton père ! (et oui, ça aussi les Grecs l’avaient déjà inventé…)

La reconnaissance d’Ulysse et Télémaque, H-L Doucet, XIXème siècle

Après son récit, Alcinoos, père de Nausicaa, donne à Ulysse un bateau pour rentrer à Ithaque. Cette fois, il y arrive.

Mais le palais est plein de prétendants tout à fait prêts à le tuer s’ils le voient débarquer… Il faut maintenant qu’il trouve un moyen de reprendre possession de ses biens et de retrouver sa famille sans se faire assassiner par ceux qui veulent sa place… Athéna le déguise en mendiant, et il est hébergé par son ancien porcher (=gardien de porcs), Eumée. Pour le moment, personne ne sait qui il est.

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Athéna à Ulysse :

Noble fils de Laërte, ingénieux Ulysse, fais-toi connaître à ton fils et ne lui cache rien, pour que vous méditiez tous deux la mort des prétendants. Je serai bientôt moi-même à vos côtés, car je brûle de combattre. »

Athéna, touchant Ulysse de sa baguette d’or, le couvre aussitôt d’une riche tunique, d’un manteau superbe, et elle rend à son corps toute la vigueur et toute la jeunesse qui l’animaient et l’embellissaient autrefois. Soudain les traits du héros prennent une teinte brunie, ses joues se raffermissent, et une barbe bleuâtre ombrage son menton ; puis la déesse s’éloigne. Ulysse rentre dans la bergerie ; son fils, en l’apercevant, reste stupéfait ; il détourne les yeux, craignant de voir un immortel, et prononce ces rapides paroles :

« Étranger, tu n’es plus ce que tu étais tout à l’heure ; tu portes d’autres vêtements, et maintenant tes traits sont changés ! Tu es donc un des habitants du vaste Olympe ? Alors sois-nous propice, et nous t’offrirons des sacrifices agréables et de riches présents d’or. Dieu puissant, prends pitié de nous ! »

L’intrépide Ulysse lui répond aussitôt :

« Télémaque, je ne suis pas un dieu. Pourquoi donc me comparer à un immortel ? Je suis ton père, pour lequel tu as souffert de nombreuses douleurs et supporté les outrages des hommes ! »

En disant ces mots, il embrasse son fils chéri ; les larmes qu’il avait retenues depuis si longtemps s’échappent de ses paupières, coulent le long de ses joues et tombent sur la terre. Télémaque, qui ne peut croire que ce soit là son père, dit au héros :

« Non, tu n’es point Ulysse ; tu n’es point mon père : une divinité me trompe pour augmenter encore mes peines ! Il n’est pas un mortel qui, par sa puissance, puisse opérer ce prodige, à moins qu’un dieu ne l’assiste et ne le rende à son gré jeune homme ou vieillard. Tout à l’heure tu étais vieux et couvert de haillons, et maintenant tu ressembles aux immortels qui habitent les vastes régions de l’Olympe ! »

L’ingénieux Ulysse lui parle en ces termes :

 « Télémaque, puisque ton père est de retour, il ne te sied point de l’admirer et de rester ainsi surpris. Un autre Ulysse ne viendra pas à Ithaque ; c’est moi qui, après avoir erré et souffert de grands maux pendant vingt années, arrive en ces lieux chéris. Reconnais l’œuvre d’Athéna protectrice, qui me fait paraître (car elle peut tout), tantôt comme un pauvre mendiant, tantôt comme un jeune homme revêtu d’habits magnifiques. Il est facile aux divins habitants de l’Olympe d’embellir ou d’enlaidir les faibles mortels. »

A ces mots il s’assied. Télémaque tient son père embrassé et soupire en répandant des larmes. Tous deux alors éprouvant le désir de pleurer, de leurs yeux coulent d’abondantes larmes.

As-tu bien lu ? Pour le savoir, fais le quiz ! Rien à copier, mais tu utiliseras tes réponses à la fin de la séance 16, n’attends pas trop pour la faire !

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