Séance 17 – L’épreuve de l’arc

Bernard Buffet, gravure, l’épreuve de l’arc, XXème siècle


Pour bien comprendre en quoi consiste l’épreuve, regardez l’image : il faut faire passer une flèche par les 12 trous des 12 haches alignées, ce qui évidemment est presque impossible !

Athéna, la déesse aux yeux d’azur, inspire à la prudente Pénélope la pensée de placer l’arc et les haches dans le palais d’Ulysse, et de proposer aux prétendants cette fatale épreuve qui doit être cause de leur massacre. La reine se rend avec ses femmes dans la salle la plus reculée du palais, où l’on plaça jadis les trésors du roi. Là se trouve aussi l’arc du héros et le carquois, gardien des flèches, dans lequel est un grand nombre de traits, sources de gémissements et de larmes.

Pénélope étend la main et saisit l’arc renfermé dans un étui brillant qui était suspendu au mur par une cheville. La reine s’assied, et, plaçant cet étui sur ses genoux, elle fait éclater ses gémissements ; puis elle retire de son étui splendide l’arc du roi. Après avoir versé des torrents de larmes et poussé des cris plaintifs, la plus noble des femmes se dirige vers la salle où sont les prétendants, en tenant dans ses mains l’arc flexible et le carquois qui renferme un grand nombre de flèches meurtrières.

 Alors, s’adressant aux convives, elle leur dit :

« Écoutez-moi, vous qui ruinez par vos repas et par vos fêtes la demeure d’un héros absent depuis tant d’années, je vous propose une lutte dont je serai le prix, et je dépose à vos pieds l’arc redoutable du divin Ulysse. Celui qui tendra facilement cet arc et fera passer une flèche dans toutes les haches placées au sommet de ces douze piliers obtiendra ma main. »

[Les prétendants essaient de tendre l’arc mais ils échouent l’un après l’autre. Le mendiant (Ulysse donc) demande alors à essayer. Les prétendants se moquent de lui et l’insultent mais Pénélope souhaite qu’il puisse tenter.]

Le héros s’empare de l’arc, l’examine avec soin, et le retourne en tous sens : car il craint que la corne n’en ait été rongée pendant son absence. Lorsque l’ingénieux Ulysse a soulevé plusieurs fois et examiné avec le plus grand soin cet arc redoutable, il le tend aussi facilement qu’un homme savant dans l’art de la lyre et du chant tend, au moyen d’une clef, la corde de boyau. C’est ainsi qu’Ulysse, sans peine et sans efforts, tend cet arc immense. Le héros, pour éprouver le nerf, le saisit de sa main droite et le lâche : soudain l’arc résonne et fait un bruit semblable à la voix de l’hirondelle.

Les prétendants sont saisis de crainte, et changent tous de couleur ; Zeus, pour augmenter leur effroi, et aussi pour annoncer un présage aux humains, fait rouler à grand bruit son tonnerre dans les cieux. Le héros, satisfait de cet augure, prend une flèche légère qui était sur la table ; puis il saisit l’arc par le milieu et attire le nerf placé sur l’entaille de la flèche. Ulysse, quoique assis sur son siège, vise avec justesse, lance le trait garni d’airain, qui, sans s’égarer, traverse toutes les haches depuis la première jusqu’à la dernière, et va percer de part en part la porte de la salle.

Le Primatice, 1550, musée national du château de Fontainebleau

L’ingénieux Ulysse, après s’être dépouillé de ses haillons, s’élance sur le large seuil de la porte, en tenant dans ses mains l’arc et le carquois rempli de flèches ; il répand à ses pieds ces traits rapides, et dit aux prétendants :

« Cette lutte terrible est enfin terminée. Maintenant, je vais viser un autre but que nul homme n’a encore atteint ; voyons si je ne le manquerai point, et si le puissant Apollon m’accordera la gloire d’atteindre ce but. »

Il dit, et dirige sur Antinoüs un trait homicide : ce jeune prince allait soulever une belle coupe d’or à deux anses, et il la saisissait déjà pour boire le vin qu’elle contenait ; car il était loin de penser à la mort. Ulysse le frappe à la gorge, et la pointe de la flèche traverse le cou tendre et délicat du malheureux prétendant. Antinoüs tombe à la renverse ; la coupe échappe de ses mains, et soudain des flots de sang jaillissent de ses narines. Il repousse la table loin de lui en la frappant avec ses pieds ; les mets se répandent à terre, et le pain et les viandes rôties nagent dans le sang.

Les prétendants, en voyant tomber Antinoüs, se troublent aussitôt ; ils s’élancent de leurs sièges, poussent de grandes clameurs dans le palais, et parcourent des yeux les élégantes murailles.

Le héros, les regardant d’un œil courroucé, leur dit :

« Impudents que vous êtes, vous pensiez sans doute que je ne reverrais jamais ma demeure et que je ne reviendrais point de Troie ! Aussi, vous avez consumé tous mes biens, vous avez violé honteusement mes esclaves, et vous avez osé, moi vivant, aspirer à la main de mon épouse ! Comme vous n’avez redouté ni la colère des dieux, habitants de l’Olympe, ni la juste indignation des races futures, vous allez tous périr ! »

Le divin Ulysse et ses compagnons fondent sur les prétendants, les poursuivent dans la salle et frappent de tous côtés. Le palais retentit des horribles gémissements de ceux qu’on égorge, du bruit que font les crânes en se brisant ; et le sang coule à longs flots sur les pavés de la salle.

POUR SAVOIR SI TU AS BIEN LU FAIS LE QUIZ !

Remets ces phrases dans l’ordre sur ton cahier /l’ordi :

4- Ulysse massacre les prétendants. / 1- Pénélope propose un concours de tir à l’arc. /3- Ulysse essaie de tirer. /2- Les prétendants essaient de tirer.

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