Séance 18- La dernière ruse de Pénélope

Ulysse et Pénélope, terre cuite, musée du Louvre

Après le massacre, Euryclée vient dire à Pénélope qu’Ulysse est revenu et que c’est lui le mendiant. Elle va le retrouver sans vouloir la croire.

Quand elle est entrée dans la salle, après avoir franchi le seuil de pierre, elle s’assied en face d’Ulysse, à la lueur de la flamme, contre le mur opposé. Son époux est appuyé contre une haute colonne, les regards baissés, attendant si son épouse, lorsqu’elle l’aura vu, lui adressera la parole. Pénélope reste morne, silencieuse, et son cœur est frappé d’étonnement ; elle regarde Ulysse : tantôt elle le reconnaît, et tantôt elle ne le reconnaît plus sous ses sales haillons.

Athéna répand la grâce et la beauté sur les épaules d’Ulysse. Semblable à une divinité immortelle, le héros, placé en face de son épouse, lui parle en ces termes :

« Femme étrange, les dieux habitants de l’Olympe t’ont donné un cœur bien insensible ! Non, sans doute, aucune mortelle ne s’éloignerait avec autant d’opiniâtreté de son époux, qui, ayant longtemps souffert, reviendrait enfin dans sa patrie après vingt années d’absence ! Vénérable Euryclée, prépare-moi ma couche, pour que je repose seul ; car la reine renferme dans son sein un cœur de fer ! »

La chaste Pénélope lui répond aussitôt :

« Euryclée, hâte-toi donc de préparer en dehors des appartements splendides le lit solide que mon époux construisit lui-même ; sors ce lit, et garnis-le de peaux de chèvres, de couvertures de laine et de riches tapis. »

Pénélope parle ainsi afin d’éprouver Ulysse. Le héros, blessé d’un tel discours, dit à sa chaste épouse :

« Pénélope, tu viens de prononcer une parole qui m’a déchiré le cœur ! Qui donc a déplacé ce lit ? L’homme le plus habile et le plus fort n’aurait pu en venir à bout. Il n’y a qu’une divinité qui ait pu transporter facilement ma couche ailleurs : le mortel même le plus robuste ne pourrait la changer de place. Il existe des secrets merveilleux dans ce lit habilement travaillé : c’est moi seul qui l’ai construit, et nul autre n’y a mis la main. Dans l’enceinte de la cour s’élevait jadis un superbe et vigoureux olivier à l’épais feuillage, dont le tronc était aussi gros qu’une colonne. Autour de cet olivier je bâtis la chambre nuptiale avec des pierres étroitement unies ; je la couvris d’un toit et je la fermai par des portes qui se joignaient exactement. Je coupai ensuite le sommet de l’olivier, et, après avoir scié l e tronc à partir de sa racine, je le polis tout autour avec l’airain, je l’alignai au cordeau, je le trouai de tous côtés avec une tarière, et j’en formai le pied de mon lit, que je façonnai avec le plus grand soin, et que j’enrichis d’or, d’argent et d’ivoire; puis je tendis en dessous des courroies de cuirs teintes en rouge. Voilà les secrets merveilleux dont je t’ai parlé. Maintenant j’ignore si ma couche est encore à l’endroit où je l’ai laissée, ou si quelqu’un l’a transportée ailleurs en coupant l’olivier à sa racine. »

Il dit. Pénélope sent ses genoux trembler et son cœur défaillir lorsqu’elle reconnaît les signes que lui décrit son époux avec tant d’exactitude ; elle se lève en pleurant, court à Ulysse, lui jette ses bras autour du cou, lui baise la tête et le visage, et lui dit :

« Ne sois point irrité contre moi, cher Ulysse, toi le plus prudent des hommes. Les dieux nous ont accablés tous deux de chagrins ; ils nous ont envié le bonheur de passer nos jeunes années l’un près de l’autre et d’atteindre ensemble le seuil de la vieillesse ! Ne me blâme pas, cher époux ; pardonne-moi, je t’en conjure, si, dès que je t’ai vu, je ne me suis pas jetée dans tes bras. Je craignais toujours d’être trompée par les paroles mensongères de quelque voyageur : ils sont nombreux, ceux qui conçoivent dans leur âme des projets funestes !

Maintenant, cher époux, je te reconnais ; car tu m’as clairement expliqué les signes de notre couche, que nul mortel n’a vue, si ce n’est toi, moi et la suivante Actoris. Ulysse, tu as touché mon cœur ! »

A ces mots, le divin Ulysse verse des larmes de tendresse et embrasse avec transport son épouse fidèle et chérie.

Pour chacune de ces phrases, dis si elles sont vraies ou fausses (ex : 1-V, 2-F)

1-Quand Pénélope rejoint Ulysse, elle n’arrive pas à savoir si elle le reconnaît ou pas. Vrai

2-Athéna ne pense pas à lui rendre une meilleure apparence. Faux

3-Ulysse demande à Euryclée de lui préparer un lit puisqu’elle ne semble pas vouloir de lui.Vrai

4- Pénélope dit à Euryclée qu’Ulysse dormira avec elle. Faux

5-Ulysse ne comprend pas, parce que c’est lui qui avait construit leur lit à partir d’un arbre qu’il a coupé mais pas déraciné : leur lit est planté dans le sol et ne peut pas être déplacé. Vrai

6- Pénélope avoue qu’elle a changé de lit. Faux

7- Pénélope avoue que c’était une ruse pour savoir si c’est Ulysse. Vrai

8- Ils se font la tête et il repart. Faux

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